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Un responsable technique d'Anthropic déclare que l'entretien de programmation est mort
L'IA surpassant désormais les candidats aux épreuves habituellement proposées lors de ces entretiens

Le , par Eliora

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Anthropic semble sur le point d'abandonner la pratique ancestrale qui consiste à soumettre les candidats à des épreuves de programmation éprouvantes. Felix Rieseberg, responsable du recrutement de l'entreprise, a déclaré publiquement : « L'entretien de programmation est mort. Il a fait son temps. » Il explique que Claude a tout simplement rendu ces tests inutiles. « Il n'y a plus de raison de vous proposer un petit défi React qu'il n'y en a d'interroger les gens sur le langage assembleur ; Claude est désormais plus performant dans les deux domaines », note Rieseberg. L'argument n'est pas que les compétences en programmation n'ont plus d'importance, mais que le simple fait de réussir un test de programmation ne prouve pas nécessairement qu'une personne est capable de créer des produits utiles. Le responsable suggère aux développeurs en herbe de se concentrer sur les problèmes métier plutôt que de se contenter de traiter le backlog qui leur est attribué.

En février 2023, Google envoyait des questions d'entretien de codage à ChatGPT et, sur la base des réponses de l'IA, déterminait qu'il aurait été embauché pour un poste d'ingénieur de niveau trois, selon un document interne. L'expérience s'inscrivait dans le cadre de tests de Google menés sur plusieurs chatbots IA que l'entreprise envisageait d'ajouter à son moteur de recherche. La capacité de ChatGPT à proposer une réponse concise et fidèle à une question pouvait ainsi faire gagner aux utilisateurs le temps qu'ils passaient généralement à parcourir les liens sur Google pour trouver la même information.

Deux ans plus tard, en mars 2025, Roy Lee, étudiant à l'université de Columbia, utilisait un outil d'IA qu'il avait conçu pour passer des entretiens techniques auprès des géants de la tech. L'outil simplifiait le processus d'entretien en utilisant l'IA pour résoudre des problèmes de codage, ce que Roy Lee démontrait en enregistrant et en publiant sur YouTube son entretien avec Amazon. L'étudiant faisait l'objet d'une procédure disciplinaire depuis cette révélation. Il estimait toutefois que le processus traditionnel d'entretien technique était dépassé et ne reflétait pas le travail de programmation réel. Il affichait alors l'intention de quitter l'université, déclarant que l'IA rendrait obsolète le travail de la plupart des programmeurs dans deux ans.

Aujourd'hui, que doivent faire les jeunes ingénieurs en herbe pour décrocher un poste chez Anthropic ? Il convient pour commencer d’oublier l’idée qu’il leur serait proposé un exercice de programmation. L’entreprise semble sur le point d’abandonner cette pratique ancestrale qui consiste à soumettre les candidats à des épreuves de programmation éprouvantes. En effet, Anthropic croit si fermement en ce changement qu’un responsable du recrutement de l’entreprise a déclaré publiquement : « L’entretien de programmation est mort. Il a fait son temps. »

Le responsable du recrutement d’Anthropic en question, Felix Rieseberg, s’est exprimé sur X pour rédiger un long essai qui constitue un véritable guide d’initiation destiné aux ingénieurs à la recherche d’un nouvel emploi au milieu de tout ce tapage autour de l’IA. Rieseberg affirme qu’il met officiellement fin aux entretiens de programmation traditionnels à partir de ce mois-ci. C’est l’IA qui est à l’origine de cette décision. Il explique que Claude a tout simplement rendu ces tests inutiles. Les défis de programmation permettaient autrefois d’évaluer la rapidité avec laquelle les candidats pouvaient cerner les problèmes et trouver des solutions élégantes. Cependant, l’IA a changé la donne.

« Il n’y a plus plus de raison de vous proposer un petit défi React qu’il n’y en a d’interroger les gens sur le langage assembleur ; Claude est désormais plus performant dans les deux domaines », note Rieseberg. L’argument n’est pas que les compétences en programmation n’ont plus d’importance. Au contraire, le responsable estime que le simple fait de réussir un test de programmation ne prouve pas nécessairement qu’une personne est capable de créer des produits utiles ou de résoudre des problèmes concrets.


Quelle est la marche à suivre pour les ingénieurs débutants aujourd’hui ?

Contrairement à toutes les prévisions catastrophistes concernant l’IA, le responsable du recrutement semble optimiste quant à l’avenir des ingénieurs débutants. Il estime que cette évolution, portée par l’IA, pourrait leur ouvrir de nouvelles perspectives. L’IA facilitant le développement logiciel, les personnes moins expérimentées peuvent désormais transformer leurs idées en prototypes fonctionnels sans avoir à attendre de longs processus de validation ni à faire appel à de grandes équipes. Le responsable a également remarqué que les ingénieurs les plus récents surpassaient leurs collègues plus expérimentés en remettant en question les pratiques établies et en faisant preuve d’initiative. « La soif d’apprendre l’emporte sur l’ancienneté », peut-on lire dans le message.

Alors, que devraient faire les développeurs en herbe ? Le responsable suggère de se concentrer sur les problèmes métier plutôt que de se contenter de traiter le backlog qui leur est attribué. Les ingénieurs devraient comprendre ce que leur entreprise souhaite accomplir, identifier une idée ambitieuse susceptible d’y contribuer, et utiliser l’IA pour construire un prototype fonctionnel. Il écrit : « Choisissez une idée radicale : trouvez quelques idées qui, si elles aboutissent, amélioreraient considérablement les chances de votre organisation d’atteindre ces objectifs. Soyez ambitieux ! »

Le conseil est de centrer ce prototype sur une seule idée forte plutôt que de le surcharger de fonctionnalités. Une démonstration fonctionnelle peut aider les décideurs à saisir l’opportunité et à voir la personne qui se cache derrière. Le responsable encourage également les ingénieurs juniors à mettre à profit leur regard neuf. Ils peuvent repérer des problèmes que les employés expérimentés ont cessé de remettre en question, ou trouver des moyens plus simples de résoudre des défis que d’autres jugent impossibles. « Les ingénieurs sont embauchés pour créer de la valeur pour l’entreprise, pas pour programmer des choses », indique le message, citant Patrick McKenzie, auteur spécialisé dans le secteur des logiciels.


À quoi s’attendre pour l’avenir ?

Le responsable du recrutement chez Anthropic ne s’attend pas à ce que les entretiens de codage traditionnels fassent leur retour. Il admet toutefois que la recherche d’une meilleure méthode pour évaluer les candidats qui développent des solutions basées sur l’IA reste un travail en cours. Pour l’instant, ce responsable examine les CV et les portfolios à la recherche de prototypes « qui témoignent de bon goût, d’empathie et d’une réflexion fondée sur des principes ».

L’article souligne également la rapidité avec laquelle le développement assisté par l’IA peut passer de l’idée au produit. Chez Anthropic, deux ingénieurs relativement nouveaux, Anthony Morris et Alice Zhao, ont mis au point en un week-end un prototype fonctionnel d’interface graphique pour Claude Code. La première version publique a été lancée environ huit jours plus tard. Le principal enseignement à en tirer est que l’IA pourrait bien changer la manière dont les ingénieurs prouvent leur valeur. Plutôt que de se fier uniquement à des années d’expérience ou aux résultats obtenus lors d’un test de programmation, les entreprises pourraient de plus en plus s’intéresser à ce que les candidats sont réellement capables de créer.

En janvier 2026, Jensen Huang, PDG de Nvidia, déclarait qu'il souhaitait que ses ingénieurs ne consacrent plus aucun temps à l'écriture de code. Lors d'une apparition dans le podcast No Priors AI, Huang révélait que tous les ingénieurs du fabricant de puces électroniques, dont la valeur s'élevait alors à 3 000 milliards de dollars, utilisaient désormais Cursor, un assistant de codage IA, tout au long de leur journée de travail. Son objectif ? Les libérer entièrement de ce qu'il appelait la « syntaxe » afin qu'ils pouvaient se concentrer sur la recherche et la résolution de problèmes qui n'avaient pas encore été résolus.

Source : Felix Rieseberg, sur X

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