Canva exige désormais des candidats aux postes de développeurs qu'ils utilisent des assistants d'IA de codage au cours du processus d'entretien. Auparavant, le processus d'embauche de Canva comprenait un entretien axé sur les bases de l'informatique, au cours duquel le candidat devait écrire du code en utilisant uniquement son véritable cerveau humain. Aujourd'hui, Canva explique qu'ignorer l'IA en entretien ne reflète pas la réalité du poste proposé et fausse l'évaluation réelle des compétences. L'annonce intervient peu après que l'université de Columbia a suspendu un étudiant pour avoir utilisé l'IA pour réussir l'entretien rigoureux d'Amazon.Les Big Tech américains sont connus pour soumettre les candidats aux postes d'ingénieur à une batterie d'entretiens. La partie la plus détestée du processus est l'entretien technique. Lors d'un entretien technique, les programmeurs doivent résoudre des problèmes de codage ésotériques. Souvent les candidats doivent le faire en direct devant une caméra, sous le regard d'un employé de l'entreprise. C'est un processus perçu comme exigeant, voire intimidant.
Avec l'essor de l'IA générative, les candidats aux postes d'ingénieurs logiciels ont commencé à faire discrètement appel aux assistants d'IA pour affronter les entretiens techniques des entreprises. Les candidats qui se faisaient prendre risquaient d'être éliminés. Mais Canva vient d'annoncer une nouvelle ère dans le recrutement : l'utilisation d’outils d'IA n'est plus seulement autorisée, elle est exigée. Simon Newton, responsable des plateformes chez Canva, annonce :
Simon Newton a expliqué : « plutôt que de lutter contre cette réalité et d'essayer de contrôler l'utilisation de l'IA, nous avons pris la décision d'adopter la transparence et de travailler avec cette nouvelle tendance. Cette approche nous donne un signal plus clair sur la façon dont ils seront réellement performants lorsqu'ils rejoindront notre équipe ». Toutefois, des rapports indiquent que les ingénieurs logiciels actuels de Canva n'ont pas apprécié ce changement.
La crainte d'une sous-évaluation des bases de l'informatique
L'annonce de Canva a été bien accueillie par certains membres de la communauté qui y voient une forme de transparence bienvenue et un alignement logique avec la réalité professionnelle. Elle évite aussi le flou ou l'hypocrisie entourant l'usage officieux des outils d'IA générative lors des tests techniques. Mais l'enthousiasme n'est pas unanime. Des critiques émergent rapidement sur des plateformes communautaires comme Reddit, Slashdot ou Hacker News.
Certains développeurs dénoncent la dépendance excessive à l'IA, qui pourrait occulter des lacunes en matière de compétences fondamentales en algorithmique ou en logique de programmation. Selon d'autres, cette approche favorise les candidats déjà familiers avec ces technologies, introduisant ainsi un biais sociotechnique non négligeable. Simon Newton a admis le malaise interne suscité par cette décision, mais maintient que Canva est sur la bonne voie.
Simon Newton a écrit : « la première réaction a été de s'inquiéter du fait que nous remplacions simplement les bases rigoureuses de l'informatique par ce qu'un ingénieur a appelé des "séances de vibe coding" ». Canva a répondu aux inquiétudes en soulignant que la société continuerait à tester les compétences informatiques de base, mais de manière différente. L'entreprise a déclaré qu'elle développe de nouveaux tests pour les candidats aux postes d'ingénieurs.
Un rapport publié en février 2024 par la Linux Foundation Research et de l'Open Source Security Foundation (OpenSSF)...
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